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Espèce de Zeuzère !

Temps de lecture : 4 minutes

Lorsque Florian m’a parlé du Zeuzère, j’ai pensé tout de suite à Hergé qui aurait pu placer ce mot dans la panoplie des ectoplasmes et bachibouzouk. Le zeuzère est quand même une bébête dont on doit se méfier dans le potager. Voici un rapide portrait de cette insecte.

Zeuzera pyrina, de l’ordre des Lépidoptères, est un insecte xylophage, c’est-à-dire aimant particulièrement le bois des arbres fruitiers (Cassissier, cerisier, cognassier, poirier, pommier, prunier,etc.). Il est possible de le trouver aussi sur des marronniers, érables, peupliers, saules et tilleuls à grande feuilles. Parmi les différentes couches du tronc, c’est l’aubier qu’il préfère. l’aubier est la partie tendre et blanchâtre qui se forme chaque année entre le bois dur et l’écorce d’un arbre. Ce petit insecte est capable de ravager tant le bois mort que le vivant.

La zeuzère est un papillon nocturne de 35 à 40 mm d’envergure pour le mâle et de 50 à 60 mm pour la femelle. Le thorax est blanc et velu avec 6 taches bleues. Les ailes de couleur blanche sont ponctuées de petites taches bleu foncé. Cet insecte a un abdomen assez long. La chenille est de couleur jaune, couvert de tâches noires et peut mesurer jusqu’à 60 mm de longueur. La tête et les plaques thoraciques sont noirs. Quand la larve est jeune, sa couleur est rose, sans tache. Le papillon a besoin de chaleur pour assurer sa reproduction, ce qui ce qui suppose une origine tropicale. En dessous de 16°C, il n’y a pas de possibilité d’éclosion.

Une arrivée inquiétante

Bien que l’on en trouve un peu partout en Europe, il faut reconnaître que sa zone de concentration reste le sud de l’Europe. Trois départements français (Provence, Languedoc-Roussillon, Bouche du Rhône) sont particulièrement touchés. Il y a de quoi s’inquiéter, nous l’avons trouvé gambadant dans un de nos pommiers colonnaires, le 4 mai de cette année. Nous ne sommes pas les premiers à l’apercevoir. Aperçu en Belgique, la zeuzère du poirier ou du pommier est plus rare que son cousin le Cossus gâte-bois (Cossus cossus) s’attaquant au marronnier.

Galerie réalisée par la zeuzère dans le pommier colonnaire

Cependant, la gravité des attaques varie selon l’âge des plantations : Quand l’arbre est âgé, la chenille fait des dégâts importants surtout dans une année sèche. De ce fait, les arbres sont affaiblis et sont alors attaqués par d’autres ravageurs comme le puceron lanigère. Ce dernier va profiter des anciennes galeries creusées par la chenille pour s’y réfugier. Quand l’arbre est dans sa force de l’âge, il résiste aux attaques de l’animal. Quand il est jeune, il est à la merci de la bête vorace. Une seule chenille peut arriver à bout d’un arbre ! Les galeries creusées par la zeuzère dessèchera l’arbre. Il est possible d’identifier la présence de la chenille dans l’arbre quand on voit apparaître une accumulation de sciure et d’excréments brun-rougeâtre qui sont rejetés par les trous d’entrée. des amalgames brun rougeâtres de sciures et d’excréments.

Les larves rose clair, la futures chenilles, entrent au niveau des jeunes pousses qui se dessèchent et flétrissent. Il est très difficile de la distinguer de la tordeuse orientale. En fin d’été, la chenille entre dans les rameaux et commence à y faire des dégâts majeurs. Dès le moment de la transformation de la chenille en papillon, ce dernier ne mange plus. Il lui reste 8 jours à vivre. La femelle est capable de pondre 1000 œufs durant cette période, déposés dans des crevasses, anciennes galeries larvaires. Le cycle du ravageur est d’une année en zone méridionale et de deux années au Nord. Les jeunes chenilles peuvent être transportées par le vent, accrochées à un fil de soie. Ce mode d’infestation est courant dans les jeunes plantations d’arbres fruitiers.

Lutte naturelle

Les arbres vigoureux résistent mieux aux attaques de Zeuzère. Un bon système d’irrigation installé et si l’arbre dispose d’un bon apport minéral est un atout. Ses ennemis naturels sont les oiseaux et certains hyménoptères carnassiers comme la fourmi, le bourdon, la guêpe ou le frelon. Les prédateurs naturels ne sont plus assez nombreux pour en venir à bout. Il est possible qu’une des raisons est que la croissance du nombre de vergers en Europe expliquerait que les prédateurs n’arrivent plus à suivre.

Seule la lutte naturelle est à prescrire. Il faut reprendre les mêmes techniques que pour la pyrale du buis : piégeage sexuel, avec des phéromones, des papillons mâles de juin à août. Toutefois, les pièges à phéromone montrent leurs limites, cela ne fonctionne pas toujours. Le Bacillus thuringiensis (1) peut être utilisé en injectant le produit dans les galeries creusées dans le bois. Il est possible de curer les rameaux avec un fil de fer pour éjecter la chenille. Bien sûr, Il faut reboucher les plaies et les galeries avec un mastic naturel composé d’huile de résine, de résine de pin, de goudron végétal dit de Norvège et de cire d’abeille naturelle (2). vous pouvez combler les galeries avec ce mastic en l’enfonçant avec un fil de fer rigide d’au moins 4 mm de diamètre. Si la plaie est extérieure, réalisez un cataplasme d’argile verte et de bouse d’une vache élevée en biodynamie. Bref, il est important de veiller à ce que la chenille ne se reproduisent tant les dégâts peuvent devenir important dans les vergers.

Géry de Broqueville

(1) L’article précédent sur la pyrale du buis donne un aperçu de ce produit.

2) Exemple de ce type de produit fabriqué en France.

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