Passer au contenu principal
Temps de lecture : 4 minutes

Les anciens savaient mieux que nous !

・❥・ Bonnes recettes de grand-père

Logo Fait Humain

Retrouvons le savoir des anciens pour gagner du temps. J’ai commandé deux livres d’un auteur peu connu, F-A Rauch.1 Ce nom ne vous dit rien ? C’est normal. Son premier tome a été publié en 18182. Le titre est très évocateur à mes yeux : Régénération de la nature végétale.3 C’est un fameux titre pour ce début du XIXe siècle. Qu’est-ce qu’il s’est passé les années précédentes pour qu’un français pense à régénérer la nature. Sa table des matières est édifiante. Rien qu’en la lisant, immanquablement, on pense aux situations vécues en ce premier quart de XXIe siècle. Après lecture de ces deux textes, je finis par croire que nous sommes tous devenus très cons !

Quand un ancien tire la sonnette d’alarme

Que s’est-il passé pour que l’auteur commence son livre ainsi : (…) Les sources tributaires de nos ancêtres semblent se dessécher, les ruisseaux ne s’écoulent plus qu’avec lenteur, nos rivières stagnantes forment de nuisibles marécages ; les urnes de nos vieux fleuves ne versent plus leurs belles eaux que par intermittences.

Des vents naguère inconnus à qui les déboisements de nos montagnes ont donné une existence moderne, ravagent aujourd’hui tous les pays ; l’inclémence croissante des températures et des saisons arrêtent partout la volonté libérale de la nature ; la terre perd tous les jours quelques éléments de sa fécondité, de son sein que de continuel mutilations dénaturent, sortent des cohortes de maladies, dont la triste influence flétrie le charme de notre existence passagères ; partout les arbres nourriciers sont enlevés aux campagnes découvertes, et bientôt les bois nous manqueront pour nos constructions, pour la préparation de nos aliments et pour adoucir les rigueurs de nos hivers.

Les fleuves, les rivières et les ruisseaux ne possèdent pas le vingtième des poissons que leurs eaux pourraient nourrir, tendis que tous les pays du globe, nous offrent des tribus nouvelles qui pourraient ajouter à nos richesses. La nature flétrie dans ce qu’elle avait reçu de plus gracieux de la création demande à être régénérée et à apprendre son ancien revêtement végétal ; elle est prête à décorer la terre de nouveaux paysages, à répendre partout la vie de la sérénité. Les vents, les pluies, tous les météores4, peuvent rentrer encore dans le cercle de leurs fonctions primordiales, les climatures5 reprendre leur chaleur première, et les saisons leur route astronomique. Ce triomphe du génie de la reproduction sur celui de la destruction et du cahot.6Il semble que la destruction de la nature provient en premier chef comme le résultat de l’exploitation de celle-ci par l’ancien régime, sans penser à son avenir mais aussi aux destructions due à la Révolution française.

Les anciennes déforestations

Le déboisement est intensif à son époque et laisse des sols dégradés et des paysages désolés. Extrait de sa revue.

Effectivement, la Révolution française et les guerres napoléoniennes ont été néfastes pour la nature en France. De plus des épisodes climatiques épouvantables ont eu lieu. Les hivers de 1789, 1792, 1821 et1822 ont été terribles. La grande sécheresse de 1800 a marqué les esprits aubsi que la fameuse «année sans été» de 1816 sont des indicateurs que le climats ne va plus correctement. Cela se traduit par des pénuries croissante de bois d’œuvre et la cherté du bois de chauffe ; la vente des forêts aristocratiques et ecclésiastiques pendant la Révolution et celle, en 1814 et 1817, de 300000 hectares de bois domaniaux.7

L’auteur rappelle qu’en 1791, il a écrit un texte montrant que la forêt détruite ne devait pas être considérée comme un tout à exploiter mais bien comme un milieu qu’il y a lieu de le lier intimement au monde rural. De même, il reprend l’importance de la forêt dans son lien tout aussi intime avec l’augmentation ou la diminution des eaux.

Le rapport entre les arbres et l’eau

Je ne voudrais pas paraphraser l’auteur tant il insiste, avec justesse, sur l’importance des arbres dans la régulation des eaux mais aussi des pluies, des grêles, des orages, des vents, de la nature toute entière. Alors qu’il constate que les dégradations actuelles a lieu dans tous les pays du globe et que seul la régénération des arbres pourrait sauver les bonnes récoltes et donc l’humanité qui pourra correctement se nourrir.

Dans son second chapitre, il montre combien les arbres sont importants pour le cycle de l’eau sur a planète. C’est par la présence des arbres, que ce cycle existe. Avec la disparition des arbres, l’eau ne pourra plus nourrir tous les autres types de végétations qui ont des tailles plus basses. Il montrent aussi que la différence de température entre le couvert des arbres, il existe des types d’eaux comme la rosée, le brouillard et les nouveaux nuages. Il constate aussi qu’à son époque, il y a sur toute l’Europe environ 900 millions d’arpents déboisés.8

La génération végétale du paysage permet d’augmenter la production en eau mais aussi donne une nouvelle biodiversité. Extrait de sa revue.

Une première parution plus indicatrice

Le second tome est en réalité le premier et inversement. C’est compliqué mais c’est ainsi. Le sous-titre de son second livre est très intéressant : Recherches sur les moyens de recréer avec nos forêts la force des températures et la régularité des saisons, par des plantations raisonnées.9 La table des matières est tout aussi intéressante ainsi le chapitre deux parle de la régénération des sources et des fontaines. Le deuxième chapitre aborde la question du rétablissement des 500.000 lieues10 de ruisseaux et de rivières dont ils faut rendre leur fertilité et fécondité primitive.

Rauch aborde dans son troisième chapitre la réhabilitation des étangs comme ressources importantes pour la société. Le chapitre suivant est consacré à la reconstitution de la vie des fleuves. Le suivant aborde la question des arbres. Il stipule qu’il faut reconstituer 800 000 lieues de prés et de lisières utiles pour les habitants.

Je serais plus nuancé à propos du chapitre suivant. Rauch parle de l’assèchement et l’assainissement des marais. Les marais étaient vu par Rauch comme des ulcères de la terre qui flétrissent la nature, là même où elle devrait être toute vivante ; de ces plaies infectes s’élèvent et s’étendent, à de grande distances, la langueur et la mort parmi tout ce qui devrait fleurir et exister.11

Par ailleurs, il propose que dans certains cas, le dessèchement12 des anciens marais. La mise en eau de ceux-ci peuvent servir de zone intermédiaire. Pour créer une continuité hydrologique entre étangs et rivières. Cela permet d’amener plus loin l’eau nécessaire aux cultures. Il propose ensuite la création de pépinière dans tous les villages pour replanter des arbres chaque année.

François-Antoine Rauch crée une revue pour véhiculer son message et sa vision d’harmonie de la nature. Celle-ci porte le nom de Annales Européennes de physique végétale et d’économie publique. Elle paraît de 1815 à 1830. Cette revue lui permet de correspondre avec différents ministères en les poussant ç travailler avec la nature et non contre-elle.

En conclusion…

Je reviens sur cette histoire de marais. En fin de compte l’orque Rauch parle de dessécher ces derniers, il ne fait pas autre chose que le travail des castors13 que j’ai abordé dans un article précédent. Nous sommes au début du XIXe siècle. Dans son second tome, il parle de la disparition lente des castors mais aussi des loutres et des blaireau à cause notamment de la déforestation et de la chasse. Comme quoi, je ne vous racontais pas n’importe quoi.

Rauch fait partie des anciens qui avaient tout compris quant à la manière de transformer les paysages. Ce chercheur est un avant-gardiste qui, après sa mort, sera oublié. Et pui le monde agricole a découvert les « bienfaits » du nitrate du Chili. Voici un produit naturel minéral azoié. Le bonheur. C’est le début d’une catastrophe. Pire que celle de la Révolution française, la Révolution industrielle. Elle se lancera dans la plus grande connerie faite par l’Homme. Cette révolution amorce son déclin en tant qu’espèce invasive. Rauch meurt en 1837. Il ne verra pas le choix de l’utilisation massive du salpêtre du désert d’Atacama (Chili). Dans les années 1840-1850, con utilisation se généralise en Europe.14

Lire les deux livres de Rauch, c’est s’introduire dans le secret de la nature. Il nous transmet une nature qu’observée par un naturologue, avant la lettre. Tout ce que propose Rauch est inscrit dans les pratiques de permaculture lancées en 1971 ! Il aura fallu passer par la mort lente de l’être humain, ke cancer, pour avoir, peut-être un sursaut. Il existe un lien entre cancer et utilisation des produits chimiques de synthèse. Mais les partis de droite et d’extrême-droite ont voté une loi permettant d’utiliser, à nouveau, des néonicotinoïdes.15

Oui nous sommes cons de ne pas lire les travaux des anciens. Les solutions de Rauch sont aussi bonnes pour la forêt de Gironde que pour nos potagers belges.

Géry de Broqueville

  1. François-Antoine Rauch (1762-1837) est le précurseur de l’écologie moderne. Pour mieux connaître sa vie erratique je vous recommande un texte de Jean-Baptiste Fressoz, Fabien Locher; dans le revue le temps des médias, CAIRN info, 2015. cliquez ici. ↩︎
  2. Ce texte de 1818 est une seconde édition d’un livre publié en 1802 sous un autre titre. Il n’était pas satisfait de la première édition qui semblait être plus longue et moins ‘percutante‘ que celle-ci. ↩︎
  3. Cette édition de 1818 originale est encore accessible sur des sites internet comme Abebook à des prix qui dépasse l’entendement. Fort heureusement la Bibliothèque Natuinale de France (BNF) en a sorti des fac-similé qu »il est encore possible d’obtenir à bas coût. ↩︎
  4. Les météores, ce sont tous les phénomènes naturels observé dans l’atmosphère ou dans les airs comme la pluie, le vent, la foudre, les nuages ainsi que les corps céleste comme les étoiles, celles avec des lueurs comme les étoiles filantes. ↩︎
  5. Ancien nom pour la nature d’un climat ↩︎
  6. Rauch, op Cit. page 1 et 2. ↩︎
  7. CAIRN, op Cit. p.52. ↩︎
  8. En 1818, il n’y a pas encore de système métrique bien identifié. Comme l’auteur habite Paris, on suppose qu’il parle des arpents de Paris qui vaut 3914 m2, soit un peu plus que 1/3 d’hectares. Cela donne 3 077 100 Km2. C’est considérable pour l’époque en sachant qu’en 1818, il y a 1,05 milliard d’habitants sur la plan$ete. ↩︎
  9. J.A Rauch, Harmonie hydro-végétale et météorologique, Paris, 1802. ↩︎
  10. Comme il habite Paris, on retiendra qu’une lieue du débute du XIXe siècle vaut 4,5 km (4.445 m exactement) donc 500.000 lieues vaut 2.250.000 de km. ↩︎
  11. Op Cit. p.177. ↩︎
  12. Rendre l’eau au marécage. ↩︎
  13. Rauch, à la page 111 de son premier tome; cite le castor comme un son allié dans ce travail de structuration des bassins d’eau grâce aux barrages construits. ↩︎
  14. Le Nitrate du Chili s’est tari au début de la guerre 14-18. Ce minéral azoté est un composé fondamental pour réaliser la poudre des obus. Au vu de l’épuisement des mines, les scientifiques ont synthétiser cet engrais. A la fin de la guerre ce nitrate synthétisé était en surproduction. Les gouvernements ont imposé l’utilisation de ces produits dans l’agriculture. Pour comprendre cela je vous recommande un article précédent. Cliquez ici. ↩︎
  15. L’Assemblée nationale française a voté une loi allant dans ce sens en juillet 2026. En espérant que l’nion européenne rappelle ) l’ordre celle-ci comme elle l’a fait pour la Belgique en 2018 qui avait invoqué une urgence en octroyant une dérogation temporaire. ↩︎
👤 Géry de Broqueville
📅 15 septembre 2026
livre permaculture pas a pas vers une terre vivante
Meilleur livre de permaculture

La permaculture pratique étape par étape. Grâce au livre, lancez votre espace comestible & permacole. Plus qu’un livre, un vrai guide, un mode d’emploi pour démarrer votre forêt-jardin et votre potager.


Continuez votre lecture

Suivez nos aventures