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Émerveillement et contemplation

 

En roulant vers le potager de Pas à Pas à Hoeilaert, j’écoutais l’émission radio « Et Dieu dans tout ça ? » de La Première (1). Je ne savais pas qui parlait ayant pris l’émission en cours de route. J’ai entendu le mot « émerveillement » prononcé par Charles Delhez. De ce mot, mon esprit s’est envolé sur le mot « contemplation ». J’ai écouté attentivement le reste de l’émission.


Il en ressort que, selon Charles Delhez, la science oublie trop facilement un de ses piliers fondamentaux, l’émerveillement des découvertes, de la nature, de son environnement. Pour lui, l’émerveillement est intimement lié l’un avec l’autre. Il n’y a pas de science sans émerveillement et vice-versa.

Descartes a dit « L’homme est maître et possesseur de la nature ». C’est un drame d’avoir dit cela, car on a mis la nature dans des éprouvettes, on l’analyse, on la triture, on veut la transformer à notre image. Il est temps d’articuler notre vie avec la nature non pas pour l’asservir mais pour la découvrir humblement et avec respect. Nous assistons en ce moment à un retour vers cette nature qui nous nourrit, nous abrite dans un mouvement que de plus en plus de personnes voudraient, inéluctable.

Avant qu’il y ait un retour réel, chacun doit se positionner face à celle-ci et déterminer sa propre responsabilité quant aux destructions parfois irrémédiables. Trop facilement, chaque être humain se place dans une vision collective et rejette la faute sur l’autre. Non, la destruction de la forêt amazonienne n’est pas ma faute, c’est celle des autres. Pourtant, chaque fois que je mange de la viande, je participe à sa destruction. Chaque fois que je consomme plus qu’il n’en faut, je participe à la destruction de la nature quelque part. Reconnaître la faute est un acte salvateur tant pour soi que pour la nature qui pourra alors nous pardonner.

Il faut arrêter de penser que la science va tout résoudre. Non, elle ne résoudra pas tout. D’ailleurs, n’est-elle pas toujours en retard par rapport aux découvertes. Si l’on doit attendre que la science apporte des solutions aux catastrophes climatiques actuelles, alors nous serons anéantis très rapidement.

La guérison du jardin commence dans le cœur du jardinier

Charles Delhez donne une recette : « ralentissons pour redécouvrir les vraies valeurs« . Il est temps de prendre son temps, d’accueillir l’autre avec ses talents mais aussi ses limites. Il faut arrêter de vivre comme la société nous le demande c’est-à-dire avec performance, frénésie, rapidité, ce qui nous amène droit vers le burn-out. La sagesse nous indiquerait d’arrêter de courir vers l’inatteignable pour nous…

Nous sommes en train de basculer vers autre chose, vers une autre société probablement. Personne ne peut le dire vers quoi on va actuellement, même Pablo Servigne (2) qui nous parle d’effondrement ne connait pas notre avenir. On pourrait imaginer que pendant un temps, il faudra survivre et cela peut se faire à travers son potager. Quand les besoins primaires seront comblés, on aura besoin de sens, de valeurs, de l’autre, répond Charles Delhez aux interrogations de Pablo Servigne notamment celles posées dans son livre suivant (3). À juste titre, la seule façon pour l’humanité de progresser est l’entraide et l’association. On a donc besoin de l’autre pour vivre dans l’avenir.

Il est donc important actuellement de s’arrêter et de s’émerveiller de tout ce que l’on rencontre dans son potager, les plantes indésirables parfois si jolies, les gastéropodes, les grenouilles, les papillons, toutes les autres plantes, les arbres… Émerveillons-nous d’abord, avant de penser aux techniques de permaculture ou de biodynamie.

Cet émerveillement ne doit pas être béat, il doit nous mener à donner un sens à notre démarche d’être au plus près de la nature, des autres êtres vivants. Là où nous créons notre endroit de contemplation, notre transat végétal, notre lieu de rencontre, peut-être le centre du potager, c’est là que nous devons retrouver le sens profond de notre vie : être ! Et que l’avoir aille au diable !

C’est tout le bien que notre équipe de « Pas à Pas » vous souhaite pour l’année 2019 qui se profile devant nous.

Géry de Broqueville


(1) La Première – RTBF. Emission « Et Dieu dans tout ça ? » du 25 novembre 2018 avec Charles Delhez, jésuite, sociologue et enseignant qui parlait de son livre « Où allons-nous ? »
(2) Pablo Servigne a écrit un livre intitulé « Comment tout peut s’effondrer ? » paru aux éditions du Seuil en 2015.
(3) Servigne Pablo et Chapelle Gauthier, « L’entraide, l’autre loi de la jungle », Seuil, 2016.

"Cultiver son lopin de terre, si petit soit-il, est un acte de résistance" Pierre Rabhi

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