L’artichaut, une fleur plus que mellifère

Par défaut, une fleur mellifère, et l’artichaut (1) en une, a certaines caractéristiques qui attirent tous les pollinisateurs et particulièrement les abeilles. Ces caractéristiques sont de l’ordre de la couleur, de la forme, de sa maturité et… surtout de son odeur !

Dans notre potager; nous avons laissé une fleur aller jusqu’au bout de son cycle alors que nous aurions pu la manger. Il s’agit de l’artichaut (Cynara scolymus). Ce que l’on mange dans la plante est le fond se trouvant au bas de tête de l’artichaut quand elle ne s’est pas encore ouverte et épanouie complètement. Il faut la couper juste quand il faut pour la faire cuire rapidement et la manger tout aussi vite pour qu’elle ne devienne pas toxique.
Nous avons donc laissé cette tête d’artichaut aller au bout de sa vie et le résultat est impressionnant. Toutes les personnes qui sont passées par le potager se sont demandées quel pouvait bien être cette fleur plantureuse aux couleurs violettes. Or la fleur violette est produite par les « poils »  ou « foin » que l’on jette car ils sont non comestibles. Cette fleur apparaît lorsque ce que l’on appelle les feuilles de la tête sont ouvertes. Ces feuilles ont pour nom, en réalité, de « bractées de l’inflorescence ». Chaque tige du foin donnera un akène qui est en réalité la graine qui permettra de ressemer un nouvel artichaut.

On trouve aussi ce type d’akène dans les chardons comme celui que nous élevons dans notre potager qui est une plante médicinale « lait de Sainte-Marie » ou « Chardon Marie ». Il y a aussi la châtaigne, le pissenlit, l’érable, le tournesol qui possèdent ce type d’akène.

En tout cas, il y a quelque chose de certains, je ne pourrai jamais vous partager l’odeur de cette fleur qui est extraordinaire. Chaque jour, je la respirais tant elle sentait un miel comme seul les dieux peuvent en produire. On aurait bien eu envie de manger les pétales de cette fleurs tant elle transpirait le miel ! Son arôme n’a d’égal que sa beauté et les pollinisateurs ne s’y trompaient pas. De manière étonnante, cette fleur attirait plus les bourdons que les abeilles de nos ruches !

Pour le moment, cette fleur est en train de brunir petit à petit, ce qui donnera dans le courant du mois d’août, les akènes que je récolterai. En attendant cette étape, ci-dessous, vous pourrez admirer le vol de l’abeille tandis que le bourdon se régale déjà !

Géry de Broqueville


(1) Pour connaître les valeurs nutritive de l’artichaut, cliquez ici.