Le goût des pesticides

Deux auteurs d’un petit bouquin ont osé mettre un coup de pied dans la fourmilière du conventionnel de manière originale. Oser faire déguster des pesticides à des spécialistes du vin, n’est pas un pari gagné d’avance. Et pourtant, en les soumettant à ce test, ils ont découvert que les traces de pesticides présents dans le vin donnait du goût pas forcément mauvais, bien au contraire.

Par les temps qui court, il fallait quand même une maison d’édition courageuse (1), Actes Sud, pour laisser un artisan cuisinier qu’est Jérôme Douzelet et un professeur et chercheur à l’université de Caen, spécialiste des OGM et des pesticides, qu’est Gilles-Eric Séralini, nous montrer combien les bouteilles de vin non bio sont toxiques.

Ce petit livre de 142 pages se lit facilement et montre a quel point nous ingurgitons du poison, même en faible quantité, lorsque nous dégustons les vins issus de l’agriculture conventionnelle, même les meilleurs.

S’entourer de professionnels du goût

Les auteurs ont fait goûter des pesticides dont la quantité correspond à la même densité que les traces de pesticides que l’on peut trouver dans les vins conventionnels. Et ce n’est pas peu dire quand on sent certains arôme comme la banane dans le Beaujolais, le coté bonbon acidulé ou cuberdon dans tel Bordeaux, on sent les pesticides du vin !

Prenons l’exemple d’un pesticide comme le Fenhexamide vendu sous les noms de Lazulie ou Teldor, en France. Il a été retrouvé notamment dans un grand cru de Bordeaux sous forme de trace de 500 ppm. Cela exprime un goût de bonbon chimique doucereux évoquant la fraise Tagada, voire le bonbon anglais. Ce pesticide se trouve dans un grand vin à une dose près de 1000 fois supérieure à ce que l’on admet dans l’eau. Ce qui signifie que ce que l’on n’accepte pas dans l’eau on l’accepte dans le vin ! C’est ce goût qu’Anne-Claude Leflaive, cette grande-dame de la biodynamie en Bourgogne, disait de ce vin qu’il était « putassier ». Ce même pesticide donne le goût de pêche, vanille, de chocolat, de bonbon ou caramel chimique, sucré, amenant un caractère enveloppé !

Le livre est plus complet qu’il n’en a l’air. Les auteurs donnent aussi le protocole de dégustation utilisé des pesticides dilués dans de l’eau à la même hauteur de dilution que les traces laissés dans le vin. Ce livre a le mérite d’exister qui nous fait prendre conscience que nous avons le pouvoir, comme consommateurs de vin, de faire changer les viticulteurs (2). La preuve est donnée dans ce livre de l’importance de déguster avec sagesse le vin produit selon ces deux derniers modes. Le vin naturel a un réel effet détox quand il est le plus proche de son état naturel !

Que dire alors du goût des pesticides dans les autres aliments. Les auteurs publieront dans l’avenir un autre livre sur le sujet. A suivre donc !

Prendre conscience est dévolu dorénavant à l’année 2019. Agir en conséquence et en ne consommant plus que des vins bio, biodynamique ou naturel est un acte citoyen que je vous souhaite pour l’année 2020 !

Géry de Broqueville

(1) Si l’on parle d’une maison d’édition courageuse, c’est pour la raison qu’elle soutient les recherches de Gilles-Eric Séralini. Ce dernier a subi des intimidations de la société Monsanto à son égard, en 2013. Par voie de justice son étude sur la toxicité du Roundup et d’un maïs transgénique lui résistant a été interdite.

(2) Si vous visitez des caves en viticulture conventionnelle, n’hésitez pas à expliquer pourquoi, vous n’irez plus dans ce domaine, sans changement de leurs part ! Insistez sur le fait que vous reconnaissez que leur vin est très bien fait mais qu’il serait meilleur sans ces goûts de pesticide. Cela les poussera à changer quand il prendront conscience qu’ils font du vin…avec des goûts chimiques !

"Cultiver son lopin de terre, si petit soit-il, est un acte de résistance" Pierre Rabhi

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