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Le plantain

Le plantain indésirable nutritif et médicinal
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Temps de lecture : 4 minutes

Plante nourricière, bio-indicatrice, médicinale, le plantain a plus d’atout dans son sac, qu’on ne le pense. Cette plante herbacée vivace fait partie de la famille des Plantaginacées. Cette famille comprend 200 espèces dans le monde. Elle est généralement considérée comme « mauvaise herbe ». Pourtant le potagiste ferait bien de se rapprocher de lui.

Le plantain doit probablement son nom à cause de la forme de la feuille du Plantago major qui a une ressemblance avec celle du pied humain. Est-ce par analogie, toujours est-il que la feuille de plantain permet de soulager la plante des pieds ayant trop marché dans la journée. Le plantain est aussi efficace en cas de piqûres d’insectes ou d’ortie. En tout cas, l’origine du nom est celte. Il signifie « plante qui guérit ».

Il faut distinguer quand même trois variétés vivantes en Belgique qui vivent principalement dans les prairies. En Belgique nous avons les Plantago major appelé majeur ou plantain des oiseaux. Le Plantago media (plantain bâtard, plantain blanc), et le P. lanceolata qui signifie plantain lancéolé ou plantain étroit qu’évoque d’ailleurs ses longues feuilles. Nous allons donc aborder ces trois plantes en même temps tout en comparant leurs différences. Les plantains sont plutôt des plantes originaires d’Europe mais on les trouve aussi au Maghreb et en Asie occidentale et centrale. Le plantain s’adapte à tous les climats et a donc tendance, avec la mondialisation, à pousser un peu partout.

Culpeper a du mal à la classer. Elle correspond à Mars parce que c’est une plante guérisseuse, mais elle est classée dans les signes du bélier et scorpion. Il finit quand même par trancher en indicquant que cette plante dépend plutôt de Vénus. (1)

Les biotopes des trois plantains

Pour rappel, le biotope primaire correspond à celui de la nature, le biotope secondaire correspond aux milieux sous influences humaines. Ainsi le biotope primaire est ainsi réparti : (2)

Plantago MajorLes sols sont composés de sables et de limons compactés des vallées alluviales.
Plantago mediaPelouse et prairie naturelle des plateaux basaltiques et calcaires dans les vallées alluviales. Elle se développe dans les vallées alluviales ainsi que dans les montagnes.
Plantago lanceolataPelouse et prairie naturelle dans les vallées alluviales. Elle se développe sur les plateaux calcaires et basaltiques. Les sols sont équilibrés en eau, en argile et humus.

Pour ce qui est du biotope secondaire : Le Plantago lanceolata se trouve plus dans les prairies d’élevage, des cultures, de la vigne et des vergers équilibrés. On les trouve aussi sur les bords des routes et des chemins. Le Plantago major se logent aux mêmes endroits mais plus sur des terres tassées par du bétail ou les passages des tracteurs. Le Plantago media se développe sur des prairies agricoles.

Les caractères indicateurs

Plantago majorTassement et compactage provoquent l’anaérobie des sols. Indication de piétinement des sols par le bétail. Hydromorphie des sols au moment des pluies.
Plantago mediaRichesse des sols en bases souvent en calcaire. le pH est égal environ à 7,5 ce qui peut provoquer des blocages de phosphore et de potassium.
Plantago lanceolataBonne activité microbienne dans le sol qui se place plus en aérobie. Le sol est perméable à l’eau. Cette plante est très utile pour les bovins, particulièrement pour les ovins.

Quand nous voyons les caractères indicateurs si opposés entre les trois plantains, nous devons faire très attention dans la qualité de l’identification des plantes présentes dans un lieu déterminé. Il est donc bon de se munir de bons outils pour bien déterminer quel est le nom correct de chaque plante.

Les principes actifs

Des chercheurs ont dénombré assez bien de principes actifs. On y dénombre du mucilage, de la pectine, des mannitol et sorbitol, des tanins, des flavonoïdes, d’acides phénols et des diastases. Le plantain majeur contient en plus des alcaloïdes.

Les oligo-éléments sont intéressants : pour 100 g de feuilles, il y a 184 mg de calcium, 52 mg de phosphore, 1,2 mg de fer, 16 mg de sodium, 275 mg de potassium. On y trouve des vitamines A, B1, B2, B3, et C. 2,5 g de protides, 15 g de glucides et 0,3 g de lipides. (3) Il est aussi riche en zinc.

Tous les plantains ne sont pas égaux. Par exemple, le plantain « Corne de cerf » possèderait 10 fois plus de vitamine C que le Plantago major. Ceci est à vérifier. En tout cas, les animaux ne se trompent pas en la préférant à d’autres graminées.

Le plantain dans la prairie

Le plantain vit au ras du sol. Dans une prairie, nous ne pouvons pas l’apercevoir surtout si les herbes sont hautes. Cette plante a une valeur nutritive très intéressante pour tous. Les graines du plantain intéressent les oiseaux granivores. Avec les pelouses systématiquement tondues par les robots, le propriétaire est étonné de ne plus voir aucun chardonneret, pinson, moineaux, linottes et autres amateurs de bonnes graines. L’idéal est de laisser une partie de sa pelouse redevenir sauvage pour peut-être les voir revenir. Certains insectes comme les papillons et spécialement les lépidoptères et en particulier leurs chenilles sont aussi friands de ces graines au moment de leur métamorphose qui ne dure que quelques jours. Dans un article précédent, j’avais souligné que l’ortie attirait une trentaine de papillons. Le plantain fait mieux puisqu’il en attire une cinquantaine.

Les mammifères sont aussi très intéressés comme les bovins et les ovins. Les Anglais ont créé des prairies artificielles en ne semant que des plantains lancéolés pour nourrir les moutons ainsi que les chevaux. Ce type de prairie fait presque office d’hôpital tant la plante est riche et permet à l’animal de se soigner. Les animaux sauvages en profitent aussi comme les chevreuils, les lapins, les lièvres, etc.

Enfin, il attire tous les pollinisateurs tant son nectar est parfumé. Même les coléoptères participent à cet engouement en se nourrissant de cette fleur. Ce n’est donc pas quelques exemplaires qu’il faut dans son potager mais des centaines, dans la prairie voisine.

Dans les prairies, le plantain vit très souvent avec trois autres plantes : le pissenlit, le trèfle rouge et la luzerne. C’est une très belle associations naturelles de plantes sauvages. Elles se stimulent mutuellement. (4)

Et les êtres humains

Une telle plante comestible pour autant d’animaux, l’être humain n’est pas en reste. Depuis le néolithique, Les scientifiques ont découvert que les humains mangeaient en bonne quantité le plantain, en plus de de l’angélique, le salsifis, la folle avoine, la menthe, l’ortie, le pissenlit… Il faut attendre la Renaissance pour que le plantain « Corne de cerf » soit décrit dans un livre alors que l’on sait qu’il était utilisé aussi en pharmacopée au Moyen-Age. Cette plante était d’ailleurs cultivée comme les autres plantes, dans le potager pendant de nombreux siècles. Pourquoi a-t-il disparu ? C’est probablement la plante qu’il faudrait réintroduire comme légume de tous les jours qui permettrait de donner plus de goût à nos salades actuelles, comme la roquette ou l’oseille le font déjà. (5)

Le Plantago major ainsi que le Plantago media s’ils sont comestibles, ne sont pas très prisés à cause du côté coriace du feuillage. Tandis que le champion reste le Corne de cerf suivi par le lancéolé.

Le plantain médicinal

Sans vouloir paraphraser bien d’autres personnes qui se sont penchées sur les vertus thérapeutiques du plantain, il faut souligner que même Hildegarde von Bingen considérait cette plante comme une des plus importantes dans les principes de guérisons. Le plantain a des effets sur tout ce qui concerne l’air et donc les bronches. Elle fluidifie le sang. Il a été utilisée pour soigner la tuberculose, elle l’est encore pour l’asthme. Le plantain permet de restaurer un système immunitaire défaillant. Aux USA, le Plantain est prescrit pour diminuer les effets négatifs des chimiothérapies.(6)

En conclusion

Le plantain « corne de cerf » est un cultivar issu du Plantago coronopus qui porte le nom de herbe étoilée ou courtine. Il produit des feuilles longues lancéolées qui restent tendres même en présence de sa fleur. Dans le potager, en acceptant que ses graines colonisent le potager, on la consomme comme plante vivace, qui s’édentera quand même, de plus en plus, si l’on n’y prend pas garde. Elle deviendra une salade sauvage à couper.

Il est à signaler quand même qu’il faut faire attention où vous récolter vos plantains sauvages. Si c’est dans une friche industrielle, il est certain que vous mangerez une plante ayant elle-même ingurgité des métaux lourds. Comme quoi il est toujours important de bien observer l’environnement.

Géry de Broqueville

  1. Nicolas Culpepers, Culpeper’s Complete Herbal, Ed. Foster, New-York 2019, pg 184.
  2. Les biotopes primaires et secondaires ainsi que les caractères bio-indicateurs sont tirés le la publication de Gérard Ducerf, l’encyclopédie des plantes bio-indicatrices, alimentaires et médicinales, guide de diagnostic des sols., volume 1, Edition promonature, 2017, p. 245 à 247.
  3. Les chiffres sont repris dans le livre de Bernard Bertrand, Éloge du plantain, Ed. Terran, 2006, pg 87.
  4. Ehrenfried Pfeiffer, Fécondité de la terre & le visage de la terre, Actes Sud, bibliothèque agronomique, 2016.
  5. Kokopelli vend des graines de plantain « corne de cerfs » comme du reste la Ferme de Sainte-Marthe, à Angers. En Belgique, nous avons Semailles qui en vend aussi.
  6. Guy Fuinel, L’audace et les plantes, Edition Amyris, collection Florilège, 2005, pg. 58.
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