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Les collectionneurs de plantes

Temps de lecture : 3 minutes

Il y a de nombreuses années, j’ai découvert des personnes passionnées par les plantes au point d’en devenir collectionneurs. Cette découverte a eu lieu dans les jardins du Château d’Hex. Dans ce lieu, la plante la plus affectionnée est la rose. Loin de moi l’idée de vous relater la vie de ce château, mais la roseraie comporte des variétés rares dont l’existence remonte même au moment de la fondation du domaine, au XVIIIe siècle. La rose a toujours séduit les amateurs de plantes. Il suffit de se tourner vers le Raphaël des roses, la belge Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) pour comprendre ce que nous apporte cette plante qui, quand elle est à l’état sauvage, est un églantier. La châtelaine du château d’Hex a d’ailleurs une rose à son nom, Gravin Michel d’Ursel, pour lui rendre hommage pour son travail de sauvegarde et de développement de la roseraie d’Hex.

Étant à la recherche de légumes anciens, j’ai découvert qu’il existait d’autres types de collectionneurs. A chaque plante, son collectionneur devrait-on dire. C’est la tomates qui tient le pompon en termes de fascination, de par le monde. A l’instar des roses dont les variétés se multiplient à l’infini, les tomates, les poivrons, les piments ou les courges (1) ont leurs aficionados. Ces collectionneurs sont basés dans tous les pays du monde. Il est certain qu’ils se connaissent tous entre eux.

Les collectionneurs européens

Ainsi, lorsque j’ai rencontré Pascal Poot, en août 2019, j’avais devant moi un collectionneur qui ne dit pas son nom. Il est à la tête d’un conservatoire d’environ 450 tomates anciennes dont il vend les graines reproductibles chaque année. Une autre collection d’environ 650 tomates se trouve au château de la Bourdaisière dans la Loire et qui appartient à Louis Albert de Broglie. Pascal Antigny, habitant le village de Quierzy-sur-Oise dans l’Aisne, collectionne pas moins de 1000 variétés de tomates.

Ce beau monde est regroupé, en France, dans le « Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées« . Ces collectionneurs travaillent sur beaucoup de plantes allant de l’Abiès au Yucca. Leur but est de véritablement conserver les plantes anciennes et ce y compris les légumes. Un bémol, cette organisation n’accepte pas les semenciers de semences paysannes qui en font une activité économique (la vente des graines). Et pourtant, Kokopelli, la Ferme de Sainte-Marthe, Biau germe, Arom’antique, entre autres, participent aussi à la préservation de la biodiversité.

La Suisse n’est pas en reste puisqu’elle a développé la Fondation Suisse pour la diversité patrimoniale et génétique lié aux végétaux et animaux : Prospeciarara. Cette fondation travaille pour la réhabilitation des légumes anciens ainsi que les races de bétail en voie de disparition. Elle recherche donc les graines de légumes anciens pour en relancer la production. Actuellement, elle certifie 26 races de bétail, 1000 plantes potagères et arables, ainsi que 1800 types de fruits et de nombreuses autres plantes ornementales. Sativa est une entreprise qui commercialise 140 variétés rares qui ont reçu le label de la fondation.

Les collectionneurs de Belgique ?

A l’instar des semenciers français, les semenciers belges (Semailles ou Cycle-en-terre) ne sont pas considérés comme collectionneurs. Il y aurait peut-être l’une ou l’autre exception comme « Les Jardins de Pomone » basé à Nos’Pilifs ou encore « Semance » basé à Bruxelles. Sur le site Internet de Vertiloom, j’ai découvert quelques noms de collectionneurs comme celui de Luc Fichot (1935-2007). Vertiloom vend les graines, parcimonieusement (2), de 40 tomates issues de la collection de Luc Fichot. Ce dernier a testé, sa vie durant, 2000 tomates qu’il a scrupuleusement répertorié sur son site Internet. Au moment de son décès, sa veuve a essayé de conserver ses graines le plus longtemps possible. Elle a transmis une partie de la collection au Centre horticole de Gembloux représentant 1200 variétés de tomates. Ce centre remet en culture une centaine de variétés par an pour essayer de sauvegarder la collection comme expliqué dans ce pdf daté de 2012. Une tomate a été créée récemment portant le nom de « Lucfichoise » en mémoire de ce grand collectionneur.

Dans les Ardennes, ne se cachent pas, Diego Costales, biologiste de formation qui collectionne pas moins de près de 570 variétés de tomates dans le fond de son jardin. Il recherche des tomates goûteuses et résistantes au mildiou. Il collectionne aussi d’autres solanacées. Jean-Michel Rouffiange est aussi collectionneur de tomates, de piments et d’aubergines. Il est l’instigateur de la « Fête de la tomate » de Sambreville qui se déroule fin septembre. Une tomate porte son nom : L’extravagante Rouffiange.

Sur le site Internet de Vertiloom, il est aussi possible de découvrir 15 créateurs européens et américains de nouvelles variétés. Il est tentant pour un collectionneur d’obtenir, comme Luc Fichot l’a fait aussi, des variétés stables dont ils sont les inventeurs.

Voici donc une courte balade dans le petit monde des collectionneurs ou producteurs de plantes. Je termine cet article sur une petite réflexion : à force de créer de nouvelles variétés, ne sommes-nous pas en train d’affaiblir le patrimoine génétique des plantes au point où elles ne pourront plus faire face aux maladies de plus en plus nombreuses… Cela fera le sujet d’un futur article !

Géry de Broqueville

  1. Les concombres et cornichons, Les melons, les courges et les courgettes ont déjà abordés dans ce blog.
  2. Vertiloom vend des sachets comportant généralement entre 10 à 15 graines.
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