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Extrait fermenté de Bardane

Temps de lecture : 3 minutes

C’est un peu par hasard que je me suis intéressé à des extraits fermentés moins connus que celles de l’ortie, la consoude ou la prêle. Voici une étude assez détaillée des principes actifs que l’on peut trouver dans la bardane. Elle est une plante alimentaire et médicinale.

Pour commencer, la Bardane ou grande Bardane (Arctium lappa) (1) est une plante sauvage, mellifère, que l’on peut cultiver au potager. Cette plante est bisannuelle. La première année, elle développe uniquement les feuilles. Durant l’hiver, elle développe ses racines comestibles en atteignant 60 cm. Au printemps suivant, la racine s’allonge jusqu’à 1 m pour développer ses fleurs jusqu’à une hauteur de 2 m. Cependant, l’arrivée des graines annonce sa mort. Les graines sont enfermées dans le fruit muni de multiples picots qui s’accrochera aux poils des animaux. Ces derniers, par leur transhumance, permettra à la plante de s’installer ailleurs.

La bardane bio-indicatrice

La grande bardane indique un sol meuble et riche en bases, avec un pH souvent au-dessus de 7,5. Elle indique un engorgement en matières organiques d’origine végétale et archaïque ayant pour origine la lignine, du bois en décomposition. Son biotope primaire est composé se situe dans les clairière, à la lisière des forêts, des plaines et des montagnes, dans les forêts proches des ruisseaux. Son biotope secondaire : les terrains vagues et dans les cours des fermes, en bordure des routes et des chemins, à coté des cultures maraîchères, des vignes et vergers, aux abords des villages et des habitations.

Une médicinale comestible

La racine de bardane est antibiotique, antiseptique, dépurative (calculs biliaires et de la vessie, affections apathiques, gouttes, rhumatisme et le diabète) et diurétique. C’est la plante dermatologique par excellence : acné, eczéma, infections cutanées et bien d’autres fonctions.

Tout se mange dans la bardane cru ou cuite : les tiges foliaires, les jeunes feuilles, les pousses, les pointes florales. Les graines récoltées en août-septembre fournissent une huile de table. Les racines sont récoltées la première année quand elles sont encore molles et non ligneuses. Elles se cuisinent comme les salsifis.

Les principes actifs

L’élément principal extrait de la plante est la potasse. Étant donné que cet élément est le plus riche, il va grandement contribuer à sa résistance contre la sécheresse. Le phénomène d’évapotranspiration, généralement peu visible, est le fait de toutes les plantes, y compris les arbres (2). Il s’agit de permettre à nos légumes de résister plus longuement, sans apport significatif d’eau, à des périodes de sécheresse.

Il existe un véritable paradoxe entre la plante elle-même et sa fonction quand elle est sous forme d’extrait fermenté. Cette plante a besoin d’un sol humifère, profond, riche. La bardane aime une exposition ensoleillée ou une mi-ombre légère. Elle déteste les étés trop chauds et trop secs. D’ailleurs, un trop grand stress hydrique rend sa racine impropre à la consommation. Comment cette plante qui a tant besoin d’un sol humifère peut-elle produire un si bon extrait fermenté permettant de lutter contre la sécheresse ?

Cependant, d’autres éléments sont présents dans la Bardane comme le tanin, le mucilage, des résines, des sulfates et phosphates de chaux et de magnésie. Elle possède aussi de l’inuline, de l’huile essentielle, des substances amères, des glycosides, des flavonoïdes, des acides gras, phosphorique et tannique.

Évapotranspiration dans la serre sur tomates et maïs

Il est intéressant d’avoir de la Bardane dans son potager à titre de plantes médicinales pour les plantes. L’extrait fermenté à réaliser en anaérobie avec de l’eau de pluie ou de source (pH de 6 à 7), présente une très forte conductivité. Cependant, il vaut mieux utiliser des gants à cause de son odeur tenace. L’extrait fermenté touche une soixantaine d’enzymes du végétale, dont celle de la régulation stomatique (3). Ce produit est très riche aussi en micro-organismes.

Le liquide filtré est à pulvériser au sol, après un léger griffage, une à quatre fois par mois. Faites une dilution à 10 %. la pulvérisation se fait le soir quand il commence à faire plus frais. C’est le moment où l’activité racinaire est la plus importante puisque le sol aspire l’humidité ambiante. La température optimale est de 12°C à 10 cm de profondeur. Si vous pulvérisez les feuilles, vous provoquerez l’ouverture des stomates qui libéreront une abondante évapotranspiration durant la sécheresse.

Toutefois, il est possible de réaliser une à deux pulvérisations foliaires par mois (dilution à 5%) à titre préventif avant l’arrivée de la sécheresse. Celle-ci ne se fait jamais sur des plantes attaquées par un champignon ou un ravageur. Il ne faut jamais utiliser cet extrait fermenté sur le sol où se trouvent des plantules ou des graines en germination. Le produit risque de risque de brûler leurs jeunes racines. Il ne faut pas essayer de l’utiliser à l’état pur. Et comme tout extrait fermenté, le surplus ne peut pas être en contact avec l’air ambiant au risque d’une oxydation du produit, ce qui lui enlève ses propriétés.

Quelques ajouts

En outre, il pourrait être intéressant d’ajouter deux infusions en mélange : Reine des Prés et/ou Achillée mille-feuilles. Ces deux dernières plantes renforcent leurs collègues dans leurs luttes contre la sécheresse. Au début d’une période de forte chaleur, il est possible de mélanger la Bardane en association avec des extraits fermentés de consoude et/ou d’ortie pour bien les préparer aux conditions de stress hydrique.

Pour conclure, il existe une plante qui peut nous aider à limiter les arrosages, en limitant l’évapotranspiration des plantes. Voilà donc une belle manière d’économiser l’eau au potager.

Géry de Broqueville

  1. Selon Nicholas Culpeper (1616-1654), la Bardane est une plante étroitement liée à Vénus.
  2. Il ne s’agit pas de limiter l’évapotranspiration des arbres puisque ces derniers participent pour une bonne part à la création de pluies. Un hectare de forêt produit, par évapotranspiration, 30 tonnes d’eau par jour qui sont transférées dans les nuages.
  3. Les stomates sont au niveau de l’épiderme des feuilles et des tiges aériennes, le lieu de passage des gaz (dioxyde de carbone, dioxygène, vapeur d’eau) qui jouent un rôle fondamental dans la physiologie de la plante. Explication fournie par la Sorbonne.
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