Noter tous ses actes, pour comprendre…

Quand on effectue un semis, l’on veut comprendre comment d’une minuscule graine peut naître une magnifique plante et en même temps on cherche à connaître le moment où la plantule va sortir de sa graine. Bien sûr les encyclopédies ou le sachet de graines donnent une durée approximative de germination. C’est un bon indicateur qui nous apprend à être patient.

Le 11 juin 2017, je sème 6 espèces (Arroche, Aneth, Fève, Chou Paksoï, Chou de Milan Plainpalais et Panais). Noter la date de semis permet justement d’atténuer la durée de l’attente. Bien sûr, je ne suis pas devant les choux avec une loupe pour déterminer le moment exact de la sortie de graine. Les jours passent et puis les semaines passent et rien ne sort, rien. Je sais que l’arroche met 10 jours, le panais mettra 20 jours pour sortir, etc. Que s’est-il passé à cette date-là, précisément puisque pas une plantule ne verra le jour ?

Pour essayer de le comprendre, il faut se donner les moyens de lancer un processus d’analyse à posteriori. Je me suis tourné d’abord vers le calendrier des semis en biodynamie de Maria Thun. Je vois que le 11 est un dimanche, c’est un jour fruit et que je peux semer. Nous sommes en lune ascendante et en Sagittaire. Rien de contraire, ouf !

Il y a donc une autre raison. Prenons le chou chinois, le Paksoï en est un. Il faut le semer en extérieur du 15 juin à fin juillet. Je me suis interrogé sur les 3 jours d’écarts entre le 11 juin et le 15 juin. La graine sort-elle réellement de sa dormance à des dates très précises ? La différence de 3 jours est-elle à ce point importante ? Il faut semer en lune montante et croissante, ainsi qu’en jours lunaires Cancer, Poissons ou Scorpion. Serait-ce juste le Sagittaire qui ne convient pas ? Serait-ce l’unique raison ? A contrario, pour le chou de Milan Plainpalais, un chou d’automne qui se sème selon les uns en mars-avril et d’autres jusqu’en juin. Si je crois les premiers, alors j’ai eu tort de semer le 11 juin. Si je crois les seconds, je suis dans le bon. Il faudrait quand même connaître la vérité sur les temps des semis. Pourtant j’ai semé le 27 juillet dans un autre bac la même espèce du même fournisseur et là les trois poquets ont bien poussés. Va savoir !

Pour ce qui est des fèves, je reconnais que j’ai fait l’erreur de les semer, même si c’était en lune montante comme prescrit. J’aurais quand même pu regarder mon dossier sur chaque espèce et j’aurais bien vu ce que j’ai écrit moi-même : « Semer directement en place du mois de février au mois de mars ou avril en poquets de 2 ou 3 graines. Dans les régions relativement chaudes, les semis peuvent s’effectuer jusqu’au mois de septembre« . Bien que nous commencions la période de grosses chaleurs de cette année, nous ne sommes pas dans des régions relativement chaudes. Ceci pourrait expliquer cela. Pour l’Arroche rouge, no comment. Semis en avril en extérieur. Là je reconnais je me suis bien planté ! Et pourtant, j’ai semé de l’Arroche rouge du même fournisseur le 27 juillet et là, il y a un beau démarrage. Explication ? Je n’en ai pas !

Alors il me reste à imaginer que je n’étais pas en forme, que c’était le lendemain de la veille (ce qui, après vérification, s’avère exact !) que j’aurais donc semé avec des ondes négatives, n’ayant pas eu le cœur à l’ouvrage.

Si je peux parler de ce moment de grande solitude, c’est justement parce que j’ai inscrit mes gestes dans mon carnet de bord.

 

Je vous conseille donc de noter un certain nombre d’informations :

Date de semis.

Recouper l’information sur la période de semis.

Contrôler les plantes amies et ennemies.

Vérifier le calendrier des semis de Maria Thun.

Noter la date de sortie de graine.

Noter la date de repiquage.

Noter l’évolution de la plante durant la culture.

Date de la première récolte.

Durée de celle-ci.

Poids total de la récolte pour l’espèce plantée.

Toutes ces informations serviront d’année en année pour comprendre votre terroir et votre environnement. Même si dans notre potager nous avons semés et plantés 304 types de légumes ou de fleurs, ce n’est pas fastidieux de noter tout cela. En tout cas, cela me permettra peut-être de comprendre pourquoi aucun semis n’est sorti de terre, ce jour-là !

Géry de Broqueville