Limaces : les premiers tests de 2018 (II)

Suite à la publication de la première partie consacrée aux radis, nous entamons les trucs et astuces testés pour vous dans cette première période de 2018. Dans  un coin du potager nous avons consacré un petit espace où nous avons fait quelques tests pour continuer à lutter contre nos grandes amies, les limaces. Sur la photo, vous pouvez voir distinctement les numéros correspondant aux explications ci-dessous. Nous avons aligné 11 plants de laitue « Blonde de Laeken ».

Note : Pour rappel, la couleur verte indique que le système fonctionne, la couleur orange nous pousse à retenter l’expérience dans d’autres circonstances et la couleur rouge, nous avons constaté l’échec.

Nos onze expérimentations

En un, nous avons utilisé de la terre de diatomée. Le nom de cette terre provient de la diatomite qui est composée de roche sédimentaire siliceuse d’origine fossile et organique. Comme je savais que la terre de diatomée était un puissant insecticide naturel contre les pucerons, les chenilles et quelques autres nuisibles, je me suis plu à l’essayer pour éloigner les limaces en sachant qu’elle est abrasive par la présence de micro granulés de silice. Dès la première nuit, les limaces sont passées allègrement sur cette terre.

En deux, nous avons testé la terre de Sommières, tant qu’à faire elle était à côté de la précédente. Cette terre est du Montmorillonite broyée très finement. Aucun effet sur les limaces qui ont ravagé la « Blonde de Laeken » en quelques instants.

En trois, nous avons utilisé la cendre issue d’un bûcher biodynamique. Nous avons suivi les instructions de Maria Thun qui préconise de récolter une centaine de limaces et escargots de toutes les espèces que l’on peut trouver dans le potager. Placées dans un sac en papier pour les bestioles ont été jetée dans le feu du barbecue. Nous avons récolté les cendres tant du bois que des limaces. Nous avons pilé le tout en fine poudre. C’est cette poudre qui a été répandue autour de la salade (voir ci-dessus). Et cela a fonctionné deux jours. La pluie a tout gâché, puisque les limaces ont mangé la laitue. Nous avons fait une première D8 (8 dilutions de ces cendres dans de l’eau. Nous avons pulvérisé autour du potager mais la pluie a lessivé la pulvérisation. Nous allons recommencer quand il fera plus sec. De plus, Maria Thun préconise de pulvériser à des moments bien déterminés de l’année, chose que nous n’avons pas respectée. Nous allons donc revoir notre copie.

En quatre, nous avons utilisé du miscanthus. En France, nous avions rencontré un vendeur qui proposait des sacs de miscanthus comme anti-limace en signalant que nos très chères amies s’embourbaient avant d’arriver à la plante. Fort de cette information, nous en avons acheté en Belgique. Nous avons constaté que cela ne marchait pas car les copeaux belges sont coupés trop gros alors que ceux que nous avons vus en Bretagne sont nettement plus fins. Nous allons retrouver ce fabricant de miscanthus breton et en ramener dans le potager pour le tester.

En cinq, nous avons mis une « Blonde de Laeken » sans protection pour être sûr qu’il y en aurait au moins une limace qui serait passées par ce morceau de terre, au cas où toutes les protections avaient fonctionné correctement.

En six, nous avons mis de la cendre normale sans limaces brûlées. L’effet a été le même que celui avec limace sauf que celui-ci a tenu 24 heures de moins que le précédent. Le seul avantage  est que ce bout de terre a reçu une petite part d’engrais.

En sept, nous avons placé une bande de cuivre de 10 cm de haut autour du plant de laitue. C’est ce système qui sort largement gagnant du concours et qui a tenu beaucoup plus de temps que les autres.

En huit, nous avons entouré le plant avec des gousses d’ail. Il est clair que c’est un répulsif puissant mais il ne faut pas qu’un autre animal passe par là en enfonçant les gousses dans le sol. Dès ce moment, la laitue a été attaquée.

En neuf, Nous avons entouré le plant avec du sable. Cela fonctionne bien mais il faut étaler pas mal de sable. La conséquence pourrait, à la longue, appauvrir le sol. Dès qu’il y a de la pluie, nous avons le même phénomène que les cendres.

En dix, nous avons entouré un plant avec des coquilles d’œuf. Il est possible que nous n’ayons pas assez finement cassé les œufs et pas mis un large cercle. Nous allons recommencer cette expérience qui ne nous semble pas complètement probant.

Enfin, en onze, nous avons entouré la plantule avec une bonne bande de marc de café. Le légume n’a pas tenu 24 heures. Le café n’est donc pas un répulsif.

Un participant à l’une de nos formations nous a donné de la farine de quartz pour mener des expériences. Les granulés de sable, de silice et de quartz ne peuvent que déranger ou éloigner les limaces. Nous en avons donc répandu modérément autour d’un plant de laitue et constaté que les limaces sont passées au-dessus de ce sol dont elles ne devraient théoriquement pas apprécier la texture.

Nous avons placé des corniches en zinc sur les parois des bacs. Ce sont des rails de placement de plaques de Gyproc qui servent de corniches renversées. Les limaces n’arrivent pas à faire la culbute pour passer vers le sommet des bacs. Il y a nettement moins de limaces dans les bacs protégés de cette façon.

Plantes et animaux ?

En 2018, nous avons aussi planté des plantes vivaces pour changer la nature du potager. Le cerfeuil musqué est une plante vivace et répulsive pour la limace ou l’escargot. Nous avons eu la surprise quand même de voir l’un de nos plants visités par quelques limaces, sans qu’ils ne soient dévorés ! Elles se promènent impunément sur les feuilles sans les manger !

Si en 2017, comme conseillé sur Internet, nous avions placé du fenouil sur le pourtour du potager, ces derniers ont été ravagés par les poules. Étrangement en 2018, alors que la pression des limaces est énorme, pas un fenouil n’a disparu sous la dent des limaces. Il en va de même avec l’absinthe.

Il faut signaler aussi ceci, à la fin de l’hiver, nous avons introduit les poules dans le potager en ménageant un trou dans la clôture. Les poules se sont données à cœur joie dans les bacs, les buttes, les parterres, en laminant au passage les bettes et les fenouils vivaces. Elles ont très bien nettoyé le sol de beaucoup de limaces, bien que nous en ayons vu beaucoup cette année. Elles s’en sont prise aussi aux grenouilles ce qui ne fait pas notre affaire dans cette histoire.

Sur Facebook, nous avons vu un appel d’une société verviétoise qui récolte de la laine de mouton pour se débarrasser des déchets inutilisables en signalant qu’ils étaient prêts à donner aux potagistes ou maraîcher pour fertiliser leur terre. Nous avons entouré diverses salades avec de la laine comme préconisé par quelques personnes qui affirment que c’est un répulsif efficace. Les salades protégées ainsi ont été ravagées en quelques heures, à croire que la laine est plus un attractif qu’autre chose. Conséquence ? La laine ne sera utilisée que comme engrais. Affaire à suivre donc !

Le tour de la question est loin d’être terminé. Depuis lors, nous avons reçu encore des idées que nous allons réaliser pas à pas !

Géry de Broqueville


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