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Trop de croisements ?

Temps de lecture : 2 minutes

Écrit en 2016, mon travail de fin d’étude en biodynamie portait sur l’introduction du monde fabuleux de la biodynamie dans le vignoble, disparu, de La Mazelle. Il s’agit de parler de croisements. Simplement parce que mon TFE possède quelques informations intéressantes qu’il est bon d’avoir en tête pour d’autres plantes aussi.

Loin de moi l’idée de me vanter mais autant laisser une trace dans la réflexion des uns et des autres à propos de la nature tel qu’elle existe actuellement. Le projet d’écriture consistait, en quelques pages, de pouvoir implémenter la biodynamie dans le vignoble alors que celui-ci était encore sous l’influence de l’agriculture raisonnée. Ce projet ne verra jamais le jour mais ce n’est pas pour cela que je vous parle de ce travail.

Adieu la reproduction asexuée

Dans l’argumentaire que j’avais développé pour ne pas adopter ce mode de culture j’avais découvert une réflexion de Philippe Pacalet (1), vigneron en biodynamie, qui apportait une idée nouvelle sur la manière dont les plantes résistent ou pas contre les ravageurs et surtout les maladies. Il nous donne cette phrase laconique « Le problème, c’est pas le sol, c’est la plante« . Selon ce dernier, « 1789 est la date butoir. La Révolution, en vidant les monastères, a stoppé la reproduction sexuée de la vigne« . Le matériel végétal de la vigne française daterait de cette époque, à partir de laquelle elle s’est reproduite de façon asexuée, essentiellement par marcottage (l’action d’enterrer, sans le détacher de la souche mère, un sarment qui produira des racines). Éternellement issue du même sang, la vigne s’en trouve affaiblie près d’un siècle plus tard lorsque surviennent les maladies. Oïdium en 1850, mildiou en 1878, avec la pire entre les deux : le phylloxéra, en 1863. «On a tout arraché et replanté avec des porte-greffes américains», Et le vignoble français est reparti. (2)

Mais à force de croiser la vigne à partir d’une souche mère, elle s’affaiblit dangereusement au point où elle devient incapable de se soigner par elle-même ou de résister contre les maladies. Et la biodynamie n’y peut rien. Pendant de nombreuses années, on a cru que le sol dégradé par les produits chimiques étaient responsables des maladies. Il l’est mais il faut chercher aussi d’autres causes. Celle de la dégénérescence des plantes en est une autre. Grâce à l’ADN de la plante, les chercheurs ont découvert les 12 cépages auteur d’une nombreuse descendance. Ces 12 pieds sont les ancêtres des milliers de cépages connus dans le monde. Le catalogue officiel de l’Union européenne en a inscrit 1.902. En 1940, un chercheur a établi qu’il y avait 20.000 cépages différents sur notre planète.

Et que dire des croisements des cucurbitacées !

L’appauvrissement du patrimoine génétique existe aussi pour les autres plantes. Il est intéressant de noter que les Cucurbitacées ont environ 10.000 variétés. Les variétés les plus récentes sont facilement plus malade que les pieds plus anciens. Malheureusement, les anciens cépages disparaissent volontairement. Grâce à l’ADN, les chercheurs ont retrouvé 9 pieds anciens qui sont à la base de ces multitudes de variétés. Les cucurbitacées récents sont ainsi victimes des multiples croisements forcés.

Il en va de même avec le chou, la laitue et bien d’autres espèces cultivées se retrouvant dans nos assiettes. Le travail des collectionneurs de semences est important pour retrouver des semences anciennes et de les reproduire à nouveau.

En cliquant sur ce lien, vous pouvez télécharger mon petit travail. Je me rappelle de la rencontre, en 2017, que j’ai eu avec Jean-Michel Florin. Il était un de mes formateurs en biodynamie, suite à ce travail. Il était interpellé par les réflexions de Pacalet d’autant qu’il le connaissait. Ce fut un long moment d’échanges à propos de notre projet balbutiant du potager de Pas à Pas. Il était très curieux de connaître les résultats de notre démarche d’associer tous les types de cultures. En effet, nous mélangeons permaculture avec la biodynamie, l’électroculture, l’agroforesterie, etc.

Géry de Broqueville

  1. Philippe Pacalet, neveu de Marcel Lapierre, pionnier du beaujolais nature à Villié-Morgon (Rhône), il a 14 ans lorsque celui-ci fait sa première cuvée sans soufre. Entre vignes et vaches, il lui communiquera sa passion et son idée du vin, dans cette campagne beaujolaise où Philippe revient toutes les vacances. A 26 ans, Philippe Pacalet est engagé comme responsable du domaine Prieuré-Roch, chez Henri Roch et pratique la biodynamie. 10 ans plus tard, il s’installe à son compte en Bourgogne. Il se dit ni bio, ni biodynamie… il fait un peu des deux. il se rapproche plus du vin naturel.
  2. Voir photo ci-dessus : pinot noir sur pied américain
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